« Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un si grand génie; il ne faut pas être au-dessus des hommes; il faut être avec eux. »

 

Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède (il n’héritera le titre de Montesquieu qu’à la mort de son oncle, en 1716)

Il reçoit une instruction préliminaire à La Brède, dispensée par le maitre d’école, un certain Soubervie. Il est ensuite envoyé à Juilly, près de Meaux, à l'académie oratorienne, de 11 ans à 16 ans.

Il rejoint la faculté de Bordeaux et obtient en 1708 une licence en droit et devient avocat au Parlement de Bordeaux.

Son père, Jacques de Secondat, meurt en 1713, Montesquieu devient alors baron de La Brède.

Il se marie le 30 avril 1715 avec Jeanne Lartigue dont il aura trois enfants, Jean-Baptiste en 1716, Marie en 1717 et Denise en 1727 - elle sera sa lectrice quand sa vue baissera sensiblement.

Président à mortier du Parlement de Bordeaux en 1716, il sera peu intéressé par la magistrature et vendra sa charge en 1726. Il se consacre plus volontiers aux lettres et aux sciences, notamment au sein de l’académie royale de Bordeaux.

« J’aime à être à La Brède » écrira-t-il, La Brède où il gèrera son domaine quand il ne sera pas parisien et voyageur à travers l’Europe.

La publication des Lettres persanes en 1721 où deux voyageurs Persans, Usbeck et Rica, visitent la France et observent les mœurs et les coutumes françaises, signifie sa reconnaissance comme écrivain et lui ouvre les portes des salons parisiens.

Il se fait élire à l’académie française en 1727.

Il voyage en Europe de 1728 à 1731, notamment en Angleterre dont le régime politique l’inspirera beaucoup.

C’est avec son ouvrage De l’Esprit des lois, publié en 1748, qu’il apporte une contribution essentielle à la réflexion sur le régime politique le plus apte à permettre un équilibre des pouvoirs.

« Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir » livre XI.

Pour cela, les trois « puissances », législative, exécutive et « de juger » doivent être « distribuées » entre des autorités différentes.

Il ne s’agit nullement de défendre une organisation fondée sur la séparation stricte, chaque fonction étant exercée isolément par un pouvoir, sans aide ni contrôle, mais au contraire une collaboration permanente entre des pouvoirs « forcés d’aller de concert », comme dans la « Constitution d’Angleterre ».

La liberté politique se fait avec la loi « nous sommes libres, parce que nous vivons sous des lois civiles » livre XXVI, et la liberté consiste à « pouvoir faire tout ce que les lois permettent », livre XI.

Montesquieu trouve davantage cet équilibre dans un régime monarchique grâce au rôle modérateur des corps intermédiaires et des équilibres naturels dans la société, que dans une république où il craint les risques de débordements populaires, au regard de l’ignorance du peuple.

Raymond Aron voyait dans L’Esprit des lois un formidable appel à la liberté, à la tolérance et au pluralisme, qui a contribué à la formation des démocraties modernes.

Louis Althusser dénonçait  un projet d’essence conservatrice, essentiellement soucieux de défendre l’aristocratie contre les assauts d’un tiers-état de plus en plus hostile à la société de privilèges d’Ancien régime.

Montesquieu participe à une réflexion pragmatique sur l’organisation du pouvoir dans un monde où les fondements de la puissance ne sont plus divins.

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